intervew al wattan

Interview Lotfi Double Kanon par le quotidien algérien El-watan Le 22/03/2005
«Je suis un témoin faisant du rap utile de proximité... »

Le rappeur de la place hip-hop de Annaba, Lotfi, l’ex-Double Kanon, vient de donner son tout premier concert en vedette « algérienne » et tête d’affiche, à la salle Ibn Khaldoun d’Alger. Lotfi est animé d’une balistique verbale, pertinente et impertinente et ne faisant guère dans la dentelle. Interview canonnière !
Enfin Lotfi Double Kanon en tête d’affiche en concert exclusif à Alger...

C’est une victoire. Et dire que la première année quand nous sommes venus, ici, à Alger, nous nous y étions rendus en train. Il était tombé en panne à Réghaïa et puis nous avions pris le bus. On ne savait même pas où se trouvaient les taxis. Personne ne nous connaissait. On cherchait la radio El Bahdja pour donner une maquette. Le monde a tourné. Et maintenant, on voyage par avion avec prise en charge à l’hôtel et on vous attend à la radio. Et la moitié d’Alger te connaît.
La place rap et hip-hop d’Alger connaissait déjà le groupe Double Kanon....

On avait déjà commencé, ici, avec un pic en rap. Donc, après une baisse de régime. Le public algérois nous adorait. On ne savait pas comment le combler. Mais depuis sept hamdoulilah. C’est vrai qu’il y a des hauts et des bas. On garde une « bonne moyenne ». Avec respect...

Oui, absolument ! Cependant, il y a une révolte dans le mouvement rap. Pourquoi cette adulation par le public. Ce qui est arrivé dans toutes les civilisations (grandeur et décadence). Au début vous étiez hardcore (tendance radicale du rap) et maintenant, c’est plutôt « gentil »...

On a changé parce que le public est devenu plus large et varié. Ce n’est plus uniquement le public rap qui nous écoute. Des professeurs à l’université nous écoutent. Parce que c’est une expression de la société. Une représentation d’une frange juvénile de la société. Donc, nous avons élargi notre registre. C’est un risque à prendre. On n’incite pas les jeunes à la violence. Quand on parle de guerre en Irak, on n’en fait pas des kamilkazes. Mais on explique que nous, les Arabes, on est faible et que c’est une guerre préméditée. Sans prétention, on apporte quelque chose à la société. Il faut élever le niveau. Les groupes de rap sont obligés de se surpasser, car la barre est tenue par Double-Kanon. Ils sont obligés de suivre et d’être à jour dans le monde qui l’entoure. Et la seule solution, c’est « abattre » Lotfi. Il y a des groupes qui vous « taquinent »...

Quand vous émergez de la foule tout le monde vous regarde.
Cela fait partie du jeu...

Effectivement, ça fait partie du jeu. Dans un titre je dis : « Ceux qui me critiquent, les pauvres je les utilise comme lièvres... » C’est comme une course de fond. C’est une histoire de cadence.
Une certaine époque c’était Djib Tarf et Kafia (misogynie et substances illicites), cela a été mal perçu...

(Rires). Au début, les gens n’avaient pas compris. Ils disaient que c’étaient des textes misogynes et intégristes.
Vous n’êtes pas misogyne...

Non pas du tout. On voulait montrer que la valeur d’une femme n’est pas dans l’apparence et l’habillement hidjab ou « civilisée ». Vous êtes un témoin de la société...

C’est grâce à cela que le groupe marche. On a fait dans la proximité pour essayer de toucher tout le monde.
Avec un trait humoristique...

C’est le côté artistique comme celui des Guignols. De l’autre, c’est purement du journalisme.
Avec la technique du name dropping (flot de noms propres, Claudia Schiffer, Belloumi, Amrou Khaled...)

Parfois, je prends un délire. Un compromis entre une métaphore et l’histoire. Vous vulgarisez l’histoire, la géographie et la culture générale en rimes rap...

Voilà ! Le but, c’est de faire des recherches. C’est cela l’avenir du rap. Une culture limitée, c’est le piège dans lequel sont tombés des groupes.
Vous avez quand même fait un featuring raï avec cheb Hassan...

Oui, c’est un clin d’œil pour dire que le raï fait partie de la culture algérienne qu’on le veuille ou non avec le chaâbi, le malouf... On ne peut pas ignorer le raï. Cependant, il existe une partie des gens auxquels le raï ne plaît pas. Il y a une différence entre un artiste et un chanteur. On sent un travail recherché en matière de djing...

Il ne faut pas oublier que l’ouïe et l’écoute évoluent. Les rappeurs américains sont loin de nous. On avance doucement pour, je l’espère, arriver à un niveau mondial. Quel regard portez-vous sur le rap algérien actuel ?

Il existe des groupes, mais les moyens manquent. Ils veulent écrire et composer, mais il n’y a pas de lieux à cet effet. Aussi nous avons un projet de création d’atelier de technologie de sampling et rap dans les wilayas du pays. Et c’est aussi un travail de prospection. Actuellement, vous êtes établis en France...

Je sens que je suis utile en mon pays. Quoique, là-bas (France), je sois financièrement à l’aise. Je suis disponible pour mon pays. Je contribue modestement avec ma pierre.






Commentaires (8)

8. faiez Le 21/08/2008 à 11:03

Envoyer un e-mail à faiez
salut Lotfi en vous attend en Skikda

7. kenzi Le 03/04/2008 à 18:07

Envoyer un e-mail à kenzi
slt lotfi cava

6. mariem Le 07/01/2008 à 19:21

salam 3alikom youssef et amel les paroles matdir walou,lotfi a dit ses paroles mé pour nous il faut travailler,pour le sujet de l'islam et la femme si ça ton avis youssef pense a ta soeur,ta mére et tte la famille pour ne fait pa de faute c ts k'il faut faire ou koi amel?
si tu peux parler avec tes amis d'arréter a faire le mal c bien.dans ce cas dirna hajat bizaf bien.
merci a tte

5. youssef Le 19/12/2007 à 04:00

Envoyer un e-mail à youssef
yhali lek rabi ayamek kheti amel ou kouli amel yeji nhar n3ichou 3icha islamia machi taba3ia le nassara we yahoud we molhidine we kofar ga3 a3dae islam
ama el bent li bagha tbiyen, tbiyen fe la sience fe l'art fe la culture machi tebiyen lehameha parceque ghir bagra li 9imetha fe lehameha ama li tgoul ana zwina tchouf benat europa char9ia top fe zine mais bidoune 9ima redouhom sel3a yetajrou biha fe les hoteles
ama li ytkelmou 3la thrire la femme yli9 neharou la femme be islam machi nharou la femme me islam

4. amel Le 18/12/2007 à 16:59

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3andek el hak ya youssef
o 3la bnett elhijeb:klemek hlou
mada bya tou les garçon yfakro kima enta
macha allah.....

3. youssef Le 18/12/2007 à 03:36

Envoyer un e-mail à youssef
je vx te repondre a la place de lotfi
personne ne px critiqué benat edine benate el hijab we salate ama benate styl ou welad styl koulhom mal3ounine
ou had sujet machi pour regole c'est le plus grend probleme pr les musilement s'appele ( tabaroje) howa sebab zina

2. mohamed .dk Le 10/11/2007 à 16:48

moi est lotfi top

1. hana Le 05/11/2007 à 12:24

Envoyer un e-mail à hana
bien sur que tu es utile .... lotfi mais je me sens que tu es contre les fille tu nous critique tout le temp .....pn veut une chançon que te critique un peut des garçon ....... et tu a dit que tu soit ètonait quand tu vois les filles de ton pay comment elles s'habille et ese que tu soit pas ètonnait quand tu vois les mes comment il s'habille ....( leur cheveux ... leur pontalon taille basse ) on veut rigoler un peut d'eux c tout lr temp eux qui se manke de nous
.......... j'attend ta raipense ya wild blaidi ..... ya bonois ya wild la colone ....
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Dernière mise à jour de cette rubrique le 12/10/2007

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